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La véritable question est la suivante : qui acquiert réellement les biens de qui ?

Entre héritage colonial et quête de souveraineté, qui détient vraiment les biens ? L’Afrique réclame justice, transparence et respect du droit international pour des relations équilibrées avec l’Europe.
Les présidents Obiang et Macron
Les présidents Obiang et Macron

Pendant des siècles, de nombreuses puissances étrangères, dont la France, ont tiré d’importants bénéfices de l’exploitation des ressources du continent africain. Dans ce contexte historique, il est légitime de s’interroger, d’un point de vue moral, juridique et diplomatique : de quels biens parle-t-on réellement et qui a véritablement acquis les biens de qui ? Cette réflexion invite à examiner les faits à la lumière de l’histoire et de l’évolution des relations entre l’Afrique et l’Europe.

Les relations internationales du XXIᵉ siècle doivent reposer sur le respect mutuel, l’égalité souveraine des États et le strict respect du droit international. Ces principes constituent le fondement d’un ordre international stable et exigent qu’aucun État n’agisse comme s’il pouvait imposer unilatéralement sa volonté à un autre. Chaque nation a le droit souverain d’administrer librement ses ressources, de protéger ses intérêts nationaux et de définir ses partenariats sans pressions extérieures.

De plus en plus d’Africains expriment leur aspiration à construire des relations avec leurs partenaires internationaux fondées sur l’égalité, la réciprocité et le respect mutuel. Le soutien croissant des citoyens aux politiques de réaffirmation de la souveraineté dans plusieurs pays du continent, notamment au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), témoigne d’une évolution de la conscience collective africaine et de la volonté de bâtir une coopération internationale plus équilibrée, dans laquelle les décisions souveraines des États sont pleinement respectées.

Il convient également de rappeler que ce n’est pas la première fois que la France procède à la saisie et à la vente de biens appartenant à des États ou à des citoyens africains, en indiquant que les ressources ainsi obtenues seront destinées au bénéfice des populations concernées. Néanmoins, dans plusieurs cas, des interrogations ont persisté quant à la destination finale de ces fonds, aux mécanismes mis en œuvre pour leur gestion et au degré de transparence avec lequel ils ont été administrés. La transparence et l’obligation de rendre compte dans ce type de procédures constituent des éléments essentiels pour renforcer la confiance entre les États et la crédibilité des institutions.

Enfin, il convient de rappeler que la République de Guinée équatoriale est pleinement en droit de protéger ses installations diplomatiques et ses biens, conformément à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 ainsi qu’aux accords bilatéraux en vigueur entre la République de Guinée équatoriale et la République française. L’inviolabilité des missions diplomatiques et la protection de leurs biens ne constituent pas un privilège, mais une obligation juridique internationale garantissant le bon fonctionnement des relations diplomatiques et le respect de la souveraineté des États.

La défense de ces droits ne doit pas être interprétée comme un acte de confrontation, mais comme l’exercice légitime des prérogatives que le droit international reconnaît à tout État souverain. Les différends entre États doivent être réglés par le dialogue, le respect mutuel et les mécanismes juridiques prévus par le droit international.

L’avenir des relations entre l’Afrique et l’Europe doit être fondé sur la confiance, l’égalité souveraine, la réciprocité et le plein respect du droit international. Ce n’est qu’à cette condition qu’il sera possible de bâtir un partenariat véritablement équilibré, fondé sur le bénéfice mutuel et la reconnaissance réciproque de la dignité et de la souveraineté des États, en laissant définitivement derrière nous les pratiques et les perceptions qui rappellent les rapports de domination du passé.

Dr. Crisantos Obama

Diplomate Africain

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