Assis au premier rang d’une salle de conférence internationale, le représentant tchadien attire l’attention par sa posture droite et son attitude concentrée. Vêtu d’un costume bleu marine parfaitement ajusté, d’une chemise claire et d’une cravate aux motifs sobres, il affiche une allure à la fois élégante et institutionnelle. Son regard sérieux et attentif traduit une grande implication dans les échanges en cours. Équipé d’un dispositif d’écoute pour la traduction simultanée, il semble suivre avec rigueur les débats. Devant lui, le pupitre portant l’inscription « CHAD » confirme son rôle de représentant de son pays dans cette rencontre de haut niveau. L’atmosphère solennelle de la salle et la présence de nombreux délégués internationaux renforcent l’image d’un acteur engagé dans les discussions multilatérales. Cet homme, c’est Olivier Noudjalbaye Dedingar. À première vue, un diplomate parmi d’autres. À mieux le connaître, un véritable condensé d’ambitions, de résilience et de foi dans le dialogue comme arme de construction massive.
Un parcours multidimensionnel
Né au Tchad, Olivier Noudjalbaye Dedingar n’a jamais cru aux frontières rigides entre les métiers. Juriste de formation, il devient très tôt expert-consultant, puis journaliste multimédia, avant de se faire remarquer comme chercheur en paix et développement durable. Pendant plus d’une décennie, il navigue entre secteur privé, gouvernement, médias et organisations de la société civile. Une polyvalence qui lui vaut, en 2015, d’être lauréat du prestigieux Programme canadien de bourses de la Francophonie (PCBF). Mais c’est aux États-Unis qu’il prend une nouvelle dimension. Depuis mars 2025, il est le point focal et représentant du Conseil Économique, Social, Culturel et Environnemental (CESCE) du Tchad à New York. Il a également siégé au sein d’un démembrement de l’Agence nationale de gestion des élections (ANGE) aux États-Unis. Une immersion qui le prépare à son rôle actuel : porter la voix du Tchad dans les couloirs feutrés de la diplomatie mondiale.
De la société civile aux sommets onusiens
Ce qui frappe chez Olivier Noudjalbaye Dedingar, c’est sa constance. Depuis 2019, il représente la société civile auprès du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC). Une fonction souvent discrète mais stratégique, où il participe aux travaux du FMI et de la Banque mondiale. Loin des postures, il y défend une ligne claire : le développement durable ne se décrète pas, il se construit avec les populations. En 2022, il franchit un nouveau cap en fondant l’Organisation internationale pour la paix et le développement (IOPD), basée à New York. L’objectif : créer un pont entre les initiatives locales africaines et les financements multilatéraux. Correspondant permanent de plusieurs médias africains auprès des Nations unies, il ne cesse de rappeler que l’Afrique doit écrire son propre récit.
Une étoile montante de la diplomatie mondiale
C’est donc presque logiquement qu’en mars 2026, l’Institute for Public Policy and Diplomacy Research (IPPDR) de New York le nomme Ambassadeur mondial pour la paix. La distinction intervient à l’issue d’une formation intensive de trois jours, où seize participants venus des États-Unis, d’Ukraine, de Russie, d’Haïti ou encore du Ghana ont planché sur la prévention des conflits, la lutte contre la traite des êtres humains et la négociation internationale. Au programme également : une simulation diplomatique de haut niveau autour des tensions entre les États-Unis et l’Iran, incluant les enjeux stratégiques du détroit d’Ormuz. « Alors que j’endosse officiellement mon rôle d’Ambassadeur mondial de la paix, je le fais avec humilité et un profond sens des responsabilités », confie-t-il. « Je reste engagé à respecter les plus hauts standards d’intégrité, à écouter avec empathie et à contribuer de manière constructive à la promotion de la paix, du dialogue et de l’inclusion », ajoute-t-il.
Un modèle pour la jeunesse tchadienne et africaine
Ce parcours, aussi impressionnant soit-il, ne serait qu’une réussite individuelle s’il ne résonnait pas bien au-delà. Au Tchad, pays miné par les crises politiques et sécuritaires, Olivier incarne une alternative : celle d’un enfant du pays qui s’impose sans renier ses racines, par la compétence et l’éthique. « Il montre qu’on peut venir d’un pays en difficulté et siéger aux plus hautes tables de décision », commente un jeune diplomate tchadien, sous couvert d’anonymat. Pour le Dr Florence Omisakin, auteure de l’article annonçant sa nomination, « cette distinction est un signal fort en faveur de l’investissement dans le leadership africain ». Dans un contexte où le continent doit faire face au chômage des jeunes, au changement climatique et aux défaillances de gouvernance, des figures comme Olivier Noudjalbaye Dedingar rappellent que la solution viendra aussi de l’intérieur.
L’Afrique, actrice de la paix mondiale
Ce que suggère finalement le parcours d’Olivier Noudjalbaye Dedingar, c’est que l’Afrique n’a pas seulement besoin d’aide. Elle a besoin de reconnaissance de ses compétences et de ses élites engagées. En devenant Ambassadeur mondial pour la paix, il ne porte pas uniquement le nom du Tchad. Il porte l’idée que la prochaine génération de leaders africains sera multilatérale, experte, connectée et profondément humaniste. Alors que les regards se tournent souvent vers Paris, Washington ou Pékin, cet homme, assis derrière son pupitre « CHAD », écrit une autre histoire : celle d’une Afrique qui négocie, propose, et construit la paix. Pas par naïveté. Par nécessité.



