Dans l’arrière-plan souvent bruyant de la politique économique, certains hommes préfèrent l’action silencieuse aux déclarations tonitruantes. Tahir Hamid Nguilin, Ministre d’État des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale, est de cette trempe. Tempéré, taiseux, le regard obstinément fixé sur ses objectifs, cet économiste et fonctionnaire de carrière est en train d’écrire, coup de réforme par coup de réforme, l’un des chapitres les plus prometteurs de l’histoire financière récente du Tchad. La preuve la plus éclatante de son action ? Pour la première fois, les recettes propres du budget hors pétrole du Tchad ont franchi le cap symbolique et historique des 1000 milliards de FCFA. Une performance inédite qui couronne des années d’efforts et une stratégie de modernisation audacieuse.
Un parcours taillé pour la responsabilité
Pour comprendre la méthode Nguilin, il faut plonger dans son parcours. Formé à la prestigieuse Université Catholique d’Afrique Centrale à Yaoundé au Cameroun (UCAC), il a ensuite affûté son expertise au sein de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC). Cette expérience de haut vol dans l’institution sous-régionale lui a donné une vision macroéconomique solide. Avant d’accéder au perchoir ministériel, M. Nguilin a gravi toutes les marches du ministère des Finances, occupant des postes-clés : Directeur Général des Impôts, puis Directeur Général du Trésor. Une immersion totale dans les arcanes de la fiscalité et de la gestion des deniers publics qui lui a offert une connaissance intime des forces et des faiblesses du système. Ce technocrate aguerri n’est donc pas un homme de slogans, mais de dossiers.
Des réformes audacieuses, des résultats concrets
Depuis son arrivée à la tête de ce ministère stratégique, Tahir Hamid Nguilin a engagé un train de réformes structurelles qui portent aujourd’hui leurs fruits. Sous son impulsion, le Tchad a vu son taux de croissance s’améliorer et a œuvré pour un meilleur équilibre entre ses exportations et ses importations. Le leadership du ministre a également permis au Tchad de se doter d’une fiscalité parmi les plus incitatives d’Afrique en matière d’énergie solaire, un signal fort envoyé aux investisseurs dans un secteur d’avenir pour le continent. Fait remarquable dans un contexte de crises régionales, le Tchad, qui accueille pourtant sur son sol plus d’un million de réfugiés, est parvenu à maintenir une maîtrise de sa dette et figure aujourd’hui parmi les pays les moins endettés d’Afrique, tout en recevant moins d’aide extérieure. Une autonomie croissante qui renforce la souveraineté nationale.
Le Tchad, futur carrefour logistique régional
La vision de M. Nguilin dépasse la simple gestion des comptes publics. Elle s’inscrit dans une ambition géostratégique pour le Tchad. Au cœur de l’Afrique, le pays se positionne désormais comme un carrefour logistique régional, grâce à une politique active d’amélioration de la connectivité avec ses voisins. C’est dans cette optique que le Tchad se prépare avec sérénité, sous la houlette de son ministre des Finances, pour le lancement du Plan National de Développement (PND) « Tchad Connexion 2030 ». Les 10 et 11 novembre prochains à Abou Dhabi, ce plan ambitieux sera présenté, avec une priorité absolue : l’énergie et l’accès à l’eau, deux piliers essentiels pour améliorer durablement les conditions de vie des populations et asseoir un développement économique inclusif.
Une reconnaissance internationale
L’action du ministre et de son équipe ne passe pas inaperçue sur la scène internationale. Alors que M. Nguilin séjourne à Washington pour participer aux Assemblées Annuelles du FMI et de la Banque Mondiale, le Directeur Général Adjoint du FMI, M. Kenji Okamura, a salué en marge des travaux les réformes engagées et l’engagement résolu du Tchad. Cette reconnaissance est un puissant encouragement pour la poursuite des réformes.
Tahir Hamid Nguilin, l’homme qui parle peu mais agit beaucoup, a insufflé une nouvelle dynamique à l’économie tchadienne. Alors que le pays se projette vers 2030 avec ambition, son leadership discret mais déterminé semble être l’un de ses atouts les plus précieux. Le cap est fixé, les résultats sont au rendez-vous. Le « miracle tchadien » est peut-être en marche, porté par la compétence et la ténacé d’un fils du pays.



