Côte d’Ivoire / Présidentielle : 3 248 morts en 2010… La CEDEAO laissera-t-elle l’histoire se répéter en 2025 ?
L’odeur de la poudre flotte à nouveau sur Abidjan. Quinze ans après la crise post-électorale qui a ensanglanté la Côte d’Ivoire, laissant derrière elle 3 248 morts, des charniers à Duékoué et des cicatrices toujours vives à Yopougon, le pays se retrouve face à un miroir brisé. Les mêmes acteurs, les mêmes rancœurs, les mêmes manœuvres obscures – mais cette fois, sous le silence assourdissant de la CEDEAO et de la communauté internationale.
Alors que Laurent Gbagbo, exclu du scrutin, brandit l’étendard de la révolte avec son mouvement « Trop, c’est trop », que le PDCI de Tidjane Thiam claque la porte de la Commission électorale, et que des millions d’électeurs se demandent s’ils devront encore choisir « entre la peste et le choléra », une question brûle les lèvres : la Côte d’Ivoire est-elle condamnée à répéter ses tragédies ?
Les radiations politiques, les discours enflammés et les rues qui grondent rappellent étrangement l’avant-2010. Pourtant, à Abuja, on préfère regarder ailleurs. À Paris et Washington, on murmure des platitudes sur « le dialogue ». Mais qui prendra la responsabilité d’éteindre l’incendie avant que le pays ne s’embrase ?