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Succession de Guterres à l’ONU : Pourquoi le nom de Macky Sall s’impose comme l’évidence africaine

Alors que le mandat d'António Guterres touche à sa fin le 31 décembre 2026, la machine diplomatique mondiale est déjà en branle pour lui trouver un successeur. Dans les couloirs feutrés de New York comme dans les capitales africaines et occidentales, un nom revient avec une insistance croissante : celui de l'ancien président sénégalais, Macky Sall. Porté par un lobbying discret mais intense, et fort d’une expérience reconnue, il incarne, aux yeux de nombreux observateurs, le profil le plus expérimenté pour restaurer la confiance dans un multilatéralisme vacillant.
Alors que le mandat d'António Guterres touche à sa fin le 31 décembre 2026, la machine diplomatique mondiale est déjà en branle pour lui trouver un successeur. Dans les couloirs feutrés de New York comme dans les capitales africaines et occidentales, un nom revient avec une insistance croissante : celui de l'ancien président sénégalais, Macky Sall. Porté par un lobbying discret mais intense, et fort d’une expérience reconnue, il incarne, aux yeux de nombreux observateurs, le profil le plus expérimenté pour restaurer la confiance dans un multilatéralisme vacillant.
Antonio Guterres & Macky Sall

C’est un secret de polichinelle dans les cercles diplomatiques. La succession du Portugais António Guterres à la tête des Nations Unies est officiellement ouverte. Si la charte de l’organisation prévoit une nomination par l’Assemblée générale, la realpolitik veut que tout se joue dans l’antichambre du Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni) disposent d’un droit de veto qui peut anéantir une candidature d’un simple geste. Dans ce jeu d’équilibristes, une tendance lourde se dégage : beaucoup d’États estiment que l’heure est venue pour l’Afrique de prendre les rênes de l’institution. Après l’Asie (Ban Ki-moon) et l’Europe (António Guterres), le principe non écrit mais tacitement accepté de la rotation géographique plaide en faveur d’un secrétaire général issu du continent africain. C’est dans ce contexte que le Forum de Crans Montana a récemment appelé à confier ce poste à une « personnalité exceptionnelle« , capable de panser les plaies d’un monde fragmenté et de redonner ses lettres de noblesse au multilatéralisme. Selon plusieurs participants, l’ancien chef de l’État sénégalais Macky Sall cocherait toutes les cases.

Un « Sphinx » en campagne silencieuse

Officiellement, Macky Sall n’a pas déclaré sa candidature. « Je ne l’écarte pas si les gens estiment que je peux apporter modestement ma contribution pour redorer le blason de l’ONU« , avait-il déclaré à l’automne 2025, entretenant un suspense savamment dosé. Cette stratégie du silence est pourtant la plus parlante. Dans la course au « job le plus impossible du monde« , toute annonce prématurée est une épée de Damoclès. Un seul veto suffit à réduire à néant des années d’espoir. C’est pourquoi, comme le veut la tradition, les candidats testent leurs soutiens dans les capitales clés lors d’une campagne diplomatique souterraine. C’est très exactement ce à quoi s’emploient Macky Sall et ses équipes. Installé à Marrakech depuis la fin de son second mandat, l’ancien président multiplie les entrevues et les apparitions stratégiques. Il sillonne les capitales africaines et occidentales, menant des négociations dans les coulisses. Des sources diplomatiques concordantes, corroborées par plusieurs câbles, indiquent que sa candidature informelle bénéficie du soutien de la quasi-totalité des États africains. Un atout majeur alors que l’Union africaine cherche à présenter un front uni pour peser dans le rapport de force avec les membres du Conseil de sécurité.

 Un parcours taillé pour la fonction

Quels arguments Macky Sall fait-il valoir dans ces discussions confidentielles ? D’abord, un CV international sans faille. Ancien président en exercice de l’Union africaine (2022-2023), envoyé spécial du Pacte de Paris pour les Peuples et la Planète (4P) nommé par Emmanuel Macron, et co-dirigeant du Global Center on Adaptation aux côtés de l’ancien secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, il a prouvé sa capacité à évoluer au plus haut niveau. Ensuite, sa proximité avec tous les blocs géopolitiques est un atout inestimable. Comme le souligne Alioune Tine, président du centre de réflexion Afrikajom Center, « Macky Sall a eu une diplomatie d’une réelle influence en Afrique et dans le monde. Il est proche à la fois d’Emmanuel Macron, de Vladimir Poutine et des pays du Golfe». Dans un monde multipolaire où la guerre en Ukraine et les crises au Moyen-Orient et au Soudan paralysent trop souvent le Conseil de sécurité, cette capacité à « parler à tout le monde » est perçue comme une denrée rare et précieuse. Lui-même plaide pour une ONU « refondée », capable d’éviter la « loi du plus fort » et de sortir de la « jungle » internationale.

 L’ombre portée de la politique intérieure sénégalaise

Pourtant, tout n’est pas un long fleuve tranquille. Sur le plan domestique, la candidature de l’ancien président divise profondément la classe politique sénégalaise. Si certains, comme le député de la coalition présidentielle Alhousseynou Ba, y voient une opportunité pour le « bien supérieur de la nation« , les partisans des actuelles autorités, notamment ceux du parti Pastef, se montrent ouvertement hostiles. Le député Guy Marius Sagna a ainsi jugé qu’un éventuel soutien de Dakar serait « pire qu’une trahison à nos martyrs« , en référence aux violences qui ont émaillé l’opposition entre 2021 et 2024. Il convient toutefois de remettre ces déclarations dans leur contexte. À ce jour, ni le président Bassirou Diomaye Faye ni son Premier ministre Ousmane Sonko n’ont fait de communication officielle sur le sujet. Le gouvernement sénégalais s’est d’ailleurs refusé à tout commentaire. L’hostilité perçue émane davantage de certaines figures du parti au pouvoir que d’une position étatique arrêtée. D’autant que Macky Sall n’ayant pas officialisé sa candidature, le gouvernement sénégalais n’a pas eu à se prononcer formellement. Sur le plan juridique, la charte des Nations Unies est claire : même si le Sénégal venait à ne pas soutenir son ancien président, rien ne s’oppose à ce qu’un autre État membre porte sa candidature. Le poste, d’une durée de cinq ans renouvelable une fois, est ouvert à toutes les personnalités répondant aux critères, indépendamment de la position de leur pays d’origine.

 L’heure du choix pour les grandes puissances

Au-delà des considérations internes sénégalaises, l’enjeu véritable se trouve ailleurs. Le prochain secrétaire général ne sera pas seulement un administrateur ; il sera le résultat d’un compromis fragile entre grandes puissances. Pour être élu, Macky Sall doit être jugé « acceptable » par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, mais aussi par les puissances émergentes. Alors que le temps presse, l’ancien président sénégalais semble avoir compris les règles d’un jeu où tout se joue dans l’ombre. Le principal obstacle à sa candidature ne sera probablement pas l’opposition politique à Dakar, mais bien sa capacité à obtenir, d’ici les prochains mois, l’onction discrète mais ferme de Washington, Pékin et Moscou. Dans ce ballet diplomatique où le moindre faux pas est fatal, Macky Sall avance masqué. Mais ses atouts pourraient bien faire de lui, le moment venu, le candidat que personne ne pourra veto.

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